- Tuze De Abreu OrientaÁao
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On dit parfois que Tom Zé a été le laissé pour compte des Tropicalistes, il a refait surface (avec quel brio !), après 15 ans de presque silence. Que dire de cet autre compagnon de route des tropicaux (Gilberto Gil, Caetano Veloso), Tuze de Abreu, qui a sorti son 1er album en 2002, 34 ans après l’éphémère ouragan culturel ! Dans cet Orientação, un étonnant climat, texte minimal sur tempo crypto-fado indolent : une découverte tardive qui sonne comme une pierre angulaire singulière de cette riche musique brésilienne.
- Douo Bertrand Renaudin & Olivier Cahours Sofia
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Enfin un morceau de jazz français contemporain ! Les deux compères ont fait chacun une belle carrière avant ce duo de 2001. Leur éclectisme cosmopolite les réunit : le batteur Bertrand Renaudin s’est frotté à l’Afrique, le guitariste acoustique Olivier Cahours à l’Orient et au flamenco. A deux, ils créent une musique à la fois complexe et virtuose, mais toujours mélodique et accessible.
- Esther Phillips No Headstone On My Grave
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“Ne mettez pas de pierre tombale sur ma sépulture, toute ma vie, j’ai été esclave”. Un blues poignant dans la voix de la soul singer Esther Phillips (connue à ses débuts sous le nom de Little Esther), et une curieuse origine pour cette chanson. En effet, celui qui l’écrit n’est autre qu’un bon cow-boy chantant, Charley Pride, un des cadors de la country music. Comme quoi, dans le grand sud US, tout est plus mixé qu’on ne le pense parfois. Pour couronner l’affaire, c’est le rocker Jerry Lee Lewis qui en a fait un tube. Un raccourci de cette Amérique, en somme.
- Tony Allen feat Damon Albarn & Ty Every Season
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En 2002, après le succès du projet Psycho On Da Bus (voir CD 11), les deux parisiens du label Comet Records en remettent une louche autour de batteur de Fela Tony Allen (installé à Paris depuis 1986), avec l’album Home cooking. On retrouve Doctor L à la production, mais cette fois les invités de marque sont l’ubiquitaire Damon Albarn et le rapper-slammer Ty, sur certains morceaux comme celui-ci, ou Unsung Heroes et Soul II Soul sur d’autres. Résultat, un cocktail moelleux d’afro-beat, de pop mélodique, de funk lent, d’électro et de dub dans une ambiance coolissime. Et un gros carton pour ce Every season au refrain accrocheur.
- Eddie Palmieri Chocolate Ice Cream
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Loin de la trépidante salsa, une pause latin jazz. Un boogaloo finalement assez sobre, où Eddie Palmieri, héraut de la dissonance, fait presque montre de minimalisme... mais sur un groove de bon aloi. Bon, n’exagérons pas, le thème (instrumental) qui démarre avec simplement piano et section rythmique, prend de l’altitude quand rentrent les souffleurs. Et notamment le co-auteur du morceau, le sieur Armenteros, de son surnom... Chocolate. Car, oui, il y a jeu de mot : le titre du thème est, comme par hasard, « glace au chocolat ». Un thème à faire fondre !!!
- The Jones Girls If You Don't Start Nothing
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Sur les Jones Girls, voir le CD 4. Ajoutons que les trois sœurs ont mis fin à leur trio après le décès de Valorie Jones en 2001. Shirley Jones fait depuis une brillante carrière solo, et Brenda Jones s’y est mise aussi, avec moins de succès. Ce morceau est une leçon de drague à l’usage des messieurs : « Si tu ne fais pas le premier pas, eh bien je resterai dans mon coin ».
- Fujiya & Miyagi Cassettesingle
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Formé en 2000 à Brighton en Angleterre, ce trio affublé d’un improbable nom japonais d’opérette (Fujiya est une marque de hi-fi, Miyagi un personnage du film Karaté kid) se réfère avant tout au Krautrock (Can, Krafwerk et Neu), à la new wave synthétique des années 1980 (ils ont des synthés d’époque) et à… Serge Gainsbourg. Ils en en tirent des morceaux plus pop, joyeux et fringants. D’habitude, on entend la voix de David Best, sur des paroles incisives et facétieuses – sauf sur cet instrumental, initialement sorti en maxi vinyl en 2006.
- Art Blakey & Sabu Message From Kenya
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On ne présente plus le batteur Art Blakey (1919 – 1980), mais on connaît moins le frappeur de congas et bongos Louis « Sabu » Martinez (1930 – 1979). Né de parents portoricains dans le quartier El Barrio (Spanish Harlem) de New York, il a joué avec les plus grands jazzmen et les stars de la salsa, il a enregistré aussi comme leader des disques de latin jazz. Cet extraordinaire duo de percussions sauvages, ponctué par les incantations de Sabu, est leur première collaboration (mais pas la dernière), sur un album de 1953 pertinemment intitulé Orgy in rhythm
- Frank Sinatra Azure-Te (Paris Blues)
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Dans ce titre de 1952, The Voice a le blues à Paris. Mais comment peut-on avoir le blues sous le ciel bleu et parmi les sourires aux terrasses de Paris ? Simplement, parce qu’on s’y retrouve seul sans sa bien-aimée. Serait-ce parce que Sinatra va bientôt divorcer d’avec Ava Gardner en 1953 ? Quant au terme « azure-te », il ne figure dans aucun dictionnaire, et les auteurs de la chanson (grand tube aussi par Nat King Cole) ont inventé un pseudo-mot français qui traduirait « blues » par « azureté ».
- Batsumi Lishonile
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Redécouvert grâce à la compilation Ouélélé (2000) consacrée par le label parisien Comet aux perles oubliées du « modern afro rhythm », ce morceau-marathon, incantatoire et mystique, au rythme implacable, gorgé de hululements sauvages et de belles envolées à la flûte et au saxophone, vient d’un 45 tours sorti en Afrique du Sud dans les années 1970. Manu Dibango et Henri Guédon en ont donné leur version. Le groupe Batsumi, quant à lui, reste inconnu des historiens afrophiles et n’a peut-être enregistré que ce disque unique.






