- Rose Royce Keep On Keepin' On
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Rose Royce est un groupe soul-funk de Los Angeles, et non une chanteuse (celle-ci s’appelle Gwen Dickey et utilise le pseudonyme de Rose Norwalt). Norman Whitfield (1940 – 2008), fameux producteur chez Tamla-Motown qui songe à l’époque à se mettre à son compte, les prend sous son aile, sans les signer sur le label de Detroit, et c’est bien sa patte inimitable qu’on entend sur cette chanson qu’il a composée et arrangée avec des cordes comme s’il en pleuvait.
- Victor Démé Toungan
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Après 30 ans de carrière au Burkina Faso, ce chanteur mandingue de 45 ans grave pour la première fois sa voix magnifique sur ce disque de 2008. On le doit au petit label français Chapa Blues qui nous fait découvrir ce mélange de blues mandingue et de folk africain mâtiné d’influences latino. Tougan, qu’il chante depuis 20 ans veut dire « l’aventure », une invitation à partir sans peur là où le vent du destin vous mène. Le Burkina est le pays des hommes intègres, Démé en est la nouvelle voix profonde et puissante.
- Build An Ark The Blessing Song
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Décidément, la Californie sera spirituelle ou ne sera pas. Ce collectif de San Francisco, mené par le producteur Carlos Nino, regroupe une trentaine de musiciens et choristes pour une sorte de jazz mystique extatique et lancinant, clairement influencé par Pharaoh Sanders, Sun Ra ou Alice Coltrane, tout en puisant largement dans les envolées du gospel ou de la soul. Auditeurs, soyez bénis !
- Howard Tate Look At Granny Run Run
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Mini-tube de la vague soul de la fin des sixties, ce thème avait installé Howard Tate dans le paysage, avec un falsetto singulier. Puis, déserté par le succès, l’homme a lâché prise. Abandonné de tous, vers 1975, junkie, alcoolique, SDF. Disparu pour de bon, croyait-on. En réalité, il avait réchappé de la misère, devenant un anonyme pasteur, jusqu’à ce qu’en 2000, où un soul brother le reconnaisse dans un supermarché. D’où Rediscovered (2001), l’album de la résurrection. Avec le falsetto intact, celui de Look at granny run run. Halleluyah !
- Fink If Only
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Un troubadour à la guitare sèche signé chez le très cybernétique label Ninja Tune, ce fut la jolie surprise de 2007. Douce voix mélancolique, arpèges lumineux et raffinés, lyrics simples dégageant une émotion sincère et intensément personnelle, Fink séduit instantanément les fines oreilles et les cœurs sensibles. Un disciple de Nick Drake ou John Martyn, en somme. Mais attention, un Fink peut en cacher un autre : son premier album était électronique et il a repris en parallèle la veine électro sous le nom de Sideshow.
- Tamba 4 Chant Of Ossanha
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Soit trois musiciens cariocas surfant sur la vague (bossa) nouvelle : Luizinho Eça, pianiste habité par le jazz, le bassiste et flûtiste Bebeto et à la batterie Helcio Milito, par ailleurs, cas rare dans la musique, tous exceptionnels vocalistes. Le ci-devant Tamba 3 et sa bossa-samba-jazz cartonne au Brésil dès 1962. Puis le groupe flotte, Milito s’en va. Tels les Mousquetaires de Dumas, Eça et Bebeto recrutent deux musiciens, et naît le Tamba 4, en 1968. Deux albums sur le label jazz CTI, un flop commercial. Et pourtant cette version swing du Canto de Ossanha de Baden Powell est une impétueuse ode à la divinité afro-brésilienne des tempêtes.
- Archie Shepp Attica Blues
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En 1971, suite à la révolte au pénitencier d’Attica, la police américaine donne l’assaut et fait 39 morts. L’année suivante, le saxophoniste Archie Shepp forme l’Attica Blues Big Band, 37 musiciens pour un album incendiaire et révolutionnaire, sur des rythmes funk, soul ou africains. La voix soliste déchaînée, qui ressemble à une voix féminine, est en fait celle du chanteur Carl Hall, sous le pseudonyme de Henry Hull.
- Rotary Tales Of The Brave Ulysse
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Ce groupe de soul-funk-rock psychédélique basé à Chicago, qui compte en son sein la grandissime Minnie Riperton (standardiste du label Chess à l’époque, et décédée d’un cancer à l’âge de 31 ans en 1979), est actif de 1966 à 1971. Son morceau le plus célèbre, grâce à la géniale version des Masters At Work dans l’album Nuyorican Soul (qui figure dans la Boîte Noire de Nova) est I am the black gold of the sun. Le morceau de ce coffret-ci est une reprise du « super-groupe » anglais Cream, écrit par Eric Clapton et Martin Sharp.
- Pierre Akendengue Sesi
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S’il existe un label “world music” avant l’heure, c’est bien Saravah. 10 bonnes années avant l’heure, puisque c’est au milieu des années 1970 que Pierre Barouh, fouineur patenté, a déniché, à Paris, un Gabonais poète et philosophe de la chanson, à la fois grave (dans le propos) et virevoltant (dans la forme). Pierre Akendengué a déboulé à une époque où la musique africaine était encore très communautaire. Les légendaires soirées Saravah, où Akendengué donnait la réplique à Higelin, Nana Vasconcelos, Steve Lacy, Jean-Roger Caussimon, Brigitte Fontaine et bien sûr Barouh, ont salutairement tout mélangé.
- Tito Puente Tito On Timbales
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108 albums à son nom ? 112 ? On se perd dans les comptes, mais c’est peu dire que Tito Puente aura été prolifique en 60 ans de carrière (il est mort en 2000). Le maestro des timbales a croisé les grands de ce monde, du be-bop au hip-hop, en passant par le rock plus bien sûr, salsa et latin jazz. Dans le présent thème, qui date de 1956 (album Puente in percussion), une basse (Cachao Lopez ?), un trio de frappeurs de première bourre (Mongo Santamaria, Patato Valdez, Willie Bobo) et, trônant derrière ses timbales, le toujours jovial killer Tito Puente. Un must.






