- Billie Holiday Gloomy Sunday
En savoir plus
On a tout dit sur la sublime Billie Holiday, mais l’étrange histoire de cette chanson reste peu connue. Composée en 1933 dans leur langue par les Hongrois Laszlo Javor et Rezso Seress, elle parle d’un suicide causé par un chagrin d’amour. Elle inspire une première version américaine par Paul Robeson en 1935, est reprise en France par Damia (Sombre dimanche), on l’accuse d’être à l’origine d’une vague de suicides, puis elle bénéficie de nouvelles paroles écrites par Sam Lewis pour la version de Billie Holiday en 1941. Le début est identique mais le dernier couplet révèle que ce n’était qu’un mauvais rêve…
- Patti Smith Group We Three
En savoir plus
D’abord auteur, poétesse et artiste de performance, Patti Smith fonde son groupe de rock en 1974 et fait partie malgré elle de la génération punk. Extraite de son 3ème album Easter (1978), cette chanson est loin de son inspiration rebelle et engagée. Elle évoque de façon troublante et dramatique les affres d’un ménage à trois rongé par l’incertitude.
- Magali NoÎl Fais-Moi Mal Johnny
En savoir plus
C’est peu dire que Magali Noël est avant tout une actrice : à partir de 1955, elle enchaîne Du rififi chez les hommes de Jules Dassin, Razzia sur la chnouf d'Henri Decoin, tourne pour René Clair et Jean Renoir, puis devient une favorite de Fellini (La Dolce Vita, Satyricon et surtout Amarcord), et tient le rôle principal dans Z de Costa-Gavras, Palme d'Or à Cannes. Et la musique, dans tout ça ? Un seul album, en 1956, mais quel charivari ! Une voix de sainte nitouche et une plastique aux contours pulpeux qui supplie qu’on lui fasse mal, dans un rock’n’roll écrit par Boris Vian ! Du sado-maso satanique ? La chanson est interdite sur les ondes, et la légende de Magali est née...
- Bas Sheva & Les Baxter Lust
En savoir plus
D’abord pianiste et chanteur, Les Baxter (1922 – 1994) fait une extraordinaire carrière de compositeur et chef d’orchestre flamboyant, travaillant aussi bien pour les musiques des films fantastiques de Roger Corman que pour des albums somptueux du style « exotica » (dont il est des trois maîtres avec Martin Denny et Arthur Lyman). La chanteuse Bas Sheva, née Beatrice Kurtzman (1926 – 1960) interprétait sans grand succès des chants traditionnels juifs quand Les Baxter l’engage pour son hallucinant album The passions en 1954, où elle fait merveille dans la mélopée, le gémissement ou le rugissement félin. Ce sera son dernier enregistrement.
- Zazou / Bikaye / CY1 Mangungu
En savoir plus
L’improbable rencontre de Zazou et Bikaye : soit un aventurier de l’expérimental, Hector Zazou, connu pour ses frasques sonores (Barricades puis ZNR avec Joseph Racaille), également journaliste à Libé puis Actuel sous son vrai nom, Pierre Job, et un jeune chanteur zaïrois, Bony Bikaye, inconnu avant son arrivée en France avec Ray Lema. Ensemble, à Bruxelles, avec CY1, un duo de bidouilleurs fous, ils inventent sur de vieux synthés (même à l’époque) une musique africaine du futur, organique et synthétique. Premier album, Noir et blanc, unique jusqu’à ce jour. Deux albums suivront, toujours sur le label belge Crammed. Puis chacun partira solo. Zazou meurt en 2008, Bikaye continue son alchimie underground.
- The Spencer Davis Group Waltz For Lumumba
En savoir plus
Guitariste, pianiste, organiste. Et putain de chanteur. Steve Winwood, natif de Birmingham, est fondu de blues, à 15 ans, il accompagne BB King, Chuck Berry et Muddy Waters dans leur tournée anglaise, puis fonde avec son frère le Spencer Davis Group, véritable machine à tubes (I’m a man, Gimme some lovin’) qui concurrence Beatles et Stones. Voix soul à pleurer et “churchy” (trouvez sa version bouleversante de Georgia on my mind !), Winwood touche aussi au jazz groovy à l’orgue dans cette valse curieusement dédiée à Lumumba, héros de l’indépendance du Congo ex-belge assassiné en 1961. Dans les sixties, Steve Winwood montera Traffic puis Blind Faith (avec Clapton) avant de rouler solo. Sans confirmer les prodigieuses promesses des sixties.
- Odetta John Henry
En savoir plus
1954 : Odetta, une jeune chanteuse de folk blues noire, fait ses premières apparitions, à travers un duo, Odetta and Larry. Le disque enregistré au Tin Angel, un club de San Francisco, permet de découvrir le timbre saisissant de profondeur d’une jeune femme engagée. Odetta sera sur tous les fronts, lutte contre la discrimination et plus tard contre la guerre du Vietnam. Celle que Martin Luther King appelera “la reine du folk US” est sans aucun doute l’inspiratrice de Tracy Chapman, quelques décennies plus tard. Elle reprend ici un des thèmes les plus quadrillés du folk, du rock et du jazz, consacré au héros imaginaire du 19ème siècle John Henry, un mineur noir herculéen qui se tue en affrontant une machine à vapeur qui doit le remplacer.
- East Of Eden Gum Arabic Confucius
En savoir plus
A la fois une perle et un stupéfiant panoramique de l’époque (1970), ce Gum Arabic / Confucius de 8 minutes est dû à un éphémère groupe londonien de la nébuleuse progressive rock, East of Eden, animé par un violoniste et flûtiste hallucinant, Dave Arbus. Le thème commence par une longue intro psyché-planante crypto-orientale, puis une rythmique sautillante où se pose ladite flûte, qui finit par sortir de l’imperturbable tempo dans un free cacophonique. Complètement jubilatoire. Ca mérite d’aller à la chasse aux 3 albums de ce groupe OVNI oublié, Snafu (acronyme de « situation normal : all fucked up !) d’où est tiré ce titre, et aussi Jig-a-lig et son prédécesseur, Mercator Projected.
- Amadou Balake Yamba
En savoir plus
Originaire du Burkina Faso, de son vrai nom Amadou Traoré, ce chanteur et compositeur bourlingue en Afrique avant de rejoindre le groupe « panafricain » Africando, tout en poursuivant carrière solo. Le premier tube après son retour au pays natal, « Balaké », lui confère son nouveau nom, qui signifie porc-épic en mandingue. Cet autre tube, Yamba (1978) est enregistré lors d’un bref séjour à New York. Cas presque unique en Afrique, c’est un sermon contre les méfaits de la marijuana ! En février 2008, il est amputé d’une jambe suite à un diabète, mais, à 62 ans et avec une bonne prothèse, il n’envisage nullement d’arrêter sa carrière.
- Art Ensemble Of Chicago Rock Out
En savoir plus
Ce groupe, l’un des plus importants du “free jazz”, issu du collectif AACM (Association for the Advancement of Creative Musicians) reçoit son nom d’Art Ensemble of Chicago lors de ses années passées à Paris. A l’époque, ils jouent d’environ 500 instruments (en comptant beaucoup de bidules de récupération) et se décorent le visage et le corps avec des peintures de guerre. Ce titre parisien de 1969 est une bacchanale pleine de bruit et de fureur, bourrée de percussions et ponctuée de hurlements et de cuivres rageurs.






